La maintenance en ligne de mire…

Voilà presque 20 ans que David Beade a rejoint Habasit France. Il a dans un premier temps été en charge du contrôle qualité et de la gestion des réclamations filiales et clients. De fil en aiguille, il a été amené à s’occuper de la sécurité et de la maintenance.

Titulaire d’un BTS en maintenance industrielle, David a une solide expérience acquise auprès de Réa Jus de Fruits où il effectua de la maintenance préventive de 4e niveau. Après quelques mois chez Clemessy, il a travaillé dans un laboratoire (Vossloh Schwabe à Colmar) pendant 7 ans où il a effectué, entre autres, des essais de polymérisation de résines avant de rejoindre Habasit France en août 2000.

Du contrôle qualité à la maintenance

Très impliqué au niveau de la qualité, le poste l’a conduit tout naturellement vers la sécurité. Il s’agissait essentiellement de gérer les formations obligatoires (SST, CACES*, etc.) avec l’organisme de formation GRP et les vérifications générales périodiques (VGP) faites par l’Apave. Pendant de longues années, il a endossé la casquette de « Monsieur Sécurité » organisant des formations à l’évacuation et de manipulation d’extincteur tout en s’investissant de plus en plus dans la maintenance. Depuis, ses tâches « qualité » ont été confiées à d’autres personnes. À cela s’ajoute l’arrivée du responsable QSE (voir Highlights 10/19), lui permettant de se consacrer entièrement à son domaine de prédilection qu’est la maintenance industrielle.

* SST – sauveteur, secouriste du travail
CACES – certificat d'aptitude à la conduite en sécurité

Un domaine vaste et complexe

La maintenance englobe tous types de travaux, allant des équipements de production à l’atelier, aux ampoules, travaux de plomberie, bâtiment (toiture, chauffage, climatisation). Inutile de dire qu’une seule personne ne peut à elle seule s’occuper personnellement de tout, chaque domaine nécessitant des compétences particulières. David est en somme un chef d’orchestre qui fait appel à différents corps de métiers et coordonne leurs interventions pour contribuer ainsi à la performance de l’entreprise. Il intervient sur tous les fronts, effectuant lui-même aussi certaines opérations de maintenance. Ceci nécessite une bonne organisation, avoir le goût des tâches multiples et une bonne dose de patience, qu’il avoue ne pas toujours avoir. Il faut dire que la sienne est parfois mise à rude épreuve. La multiplicité des domaines demande des connaissances variées très différentes, ne serait-ce que pour effectuer un diagnostic préliminaire avant de demander l’intervention d’une entreprise spécialisée. Le plus difficile reste de composer avec des intervenants de qualité variable. Certains sont très réactifs mais ne disposent pas forcément de toutes les compétences requises pour effectuer les travaux, les plus qualifiés étant les plus demandés, ont parfois des délais d’intervention beaucoup trop longs. Pour ne pas se retrouver dans une impasse, David regroupe dans son carnet d’adresses une centaine de contacts susceptibles d’intervenir dans différents domaines. « Il faut toujours une roue de secours, parfois même plusieurs pour un seul équipement. » dit-il avec conviction.

Toutes les sortes de maintenance se côtoient au quotidien, qu’elles soient préventives ou correctives, elles sont gérées par la même personne. Il a fallu mettre des routines en place telles que la demande d’intervention par le moyen d’une « fiche jaune » en atelier ou d’un tableau de suivi des demandes relatives aux locaux concernant également le bâtiment administratif. Ceci n’est que le point de départ d’une maintenance dite corrective. Pour gérer les tâches de l’ensemble des intervenants, le service maintenance utilise l’outil en ligne ASANA permettant d’assigner des tâches à des individus/entreprises et de suivre l’état d’avancement des interventions demandées.

Maintenance préventive

Comme tout service maintenance qui se respecte, David met à cœur de développer la maintenance préventive. Cette tâche de grande ampleur a nécessité de passer en revue tous les équipements de l’atelier, de les consigner dans un fichier en indiquant les opérations préconisées par les constructeurs mais aussi en s'appuyant sur des pannes enregistrées au cours des dernières années. Il a créé des fiches d’instructions simples sous forme de schémas et de photos qui sont en cours de déploiement par les chefs d’équipe en atelier. Ces fiches décrivent des opérations de maintenance préventive de 1er niveau incluant un contrôle visuel comme vérifier l’état des câbles et le serrage de vis, et une action préventive en resserrant par exemple les vis le cas échéant, l’ensemble prenant environ 15 minutes par mois et par équipement. L’intervention de sociétés spécialisées est également préconisée pour les machines requérant du matériel spécifique. C’est le cas des machines haute fréquence de pose de tasseaux.

L’atelier d’Habasit France abrite toutes sortes d’équipement, de la « simple » presse aux machines plus complexes comme la table de découpe à commande numérique. Certaines presses ont pratiquement 30 ans et tournent toujours. La technologie employée était plus simple. Elles sont plus solides, ne comportent pas d’électronique, ce qui facilite leur maintenance, enfin pas toujours. Vu leur grand âge, les pièces de rechange ne sont plus disponibles et doivent, le cas échéant, être fabriquées sur mesure. Mais notre chef d’orchestre a plus d’une baguette dans son sac, et a constitué une réserve de certaines pièces maîtresses qu’il conserve précieusement au sous-sol. Depuis les années 80, la technologie a évolué et les presses actuelles présentent des avantages sur leurs ainées comme la légèreté et la polyvalence. Les technologies actuelles de pointe nécessitent toujours plus de connaissances et de technicité. Dans le cadre de la maintenance préventive de 2e niveau, un technicien qualifié vient une fois par semaine pour effectuer de la maintenance et souvent du dépannage sur des machines. David définit l’ordre dans lequel les machines doivent être contrôlées. Ce type de maintenance est plus poussé, « il va mettre la main dedans, démonter le boîtier électrique, vérifier tous les composants et il prendra le temps qu’il faudra » ajoute-t-il.

Certaines machines font l’objet d’un contrôle régulier de la part du constructeur, comme c’est le cas de l’élément central de l’atelier, le transstockeur qui contient les bobines de matière première, constituant la base de notre fabrication. Des techniciens spécialisés se déplacent trois fois par an pour vérifier la partie mécanique de l’équipement. Habasit s’occupe de la partie électrique avec un intervenant extérieur si nécessaire. Une demi-journée de panne suffit à perturber la production. « Il y a toujours moyen de sortir de la matière, mais c’est une question de sécurité. Nous avons dû passer des permis EPI (Équipement de Protection Individuelle) nous permettant de monter dans le transstockeur avec des harnais de sécurité. » Mais pour parer à toutes les éventualités, un contrôle d’alignement des palettes a été instauré quotidiennement par le responsable QSE.

Ouvert aux nouvelles technologies, David ne renie cependant pas les appareils témoins du passé qui sont solides et fiables. Nous parlions auparavant des presses qu’il bichonne toujours après tant d’années. Il garde le même attachement pour les vieilles techniques et s’est adonné pendant quelques années à sa passion pour la photographie en noir & blanc, le développement argentique et la retouche manuelle. Même s’il me confie avoir eu entre ses mains l’un des premiers appareils photos numériques qui valait alors son pesant d’or, il ne tourna pas le dos à son vieil appareil photo russe entièrement mécanique, exempt de toute pile ou fonction électronique. « C’est dans les vieilles casseroles que l’on fait les meilleures soupes. » On ne pouvait pas trouver meilleur ambassadeur de la maintenance !

Nicole Stosskopf Marketing

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